
Produite par les membres et observateurs de l’UNTFSSE, la déclaration reflète l’impact de la pandémie COVID-19 et le rôle de l’économie sociale et solidaire dans la reprise post COVID-19.
COVID-19: IMPACTS SUR LES VIES, LES ÉCONOMIES ET LA PLANÈTE
Au niveau mondial, il y a eu plus de 6 millions de cas confirmés de COVID-19, dont près de 400 000 décès. Cette pandémie qui fait rage a déclenché la déclaration de l’état d’urgence nationale dans de nombreux pays, et l’imposition de restrictions sans précédent non seulement sur la mobilité des personnes mais aussi sur toute une série d’activités économiques. La demande croissante de soins de santé urgents et l’augmentation du nombre de décès mettent à rude épreuve les systèmes de santé nationaux. La pandémie perturbe les chaînes d’approvisionnement mondiales et le commerce international. Avec la fermeture des frontières nationales de près de 100 pays au cours des derniers mois, la circulation des personnes et les flux touristiques ont connu un arrêt brutal.
Plus de 2,2 milliards de travailleurs vivent dans des pays où les lieux de travail ont été fermés. Selon les estimations de l’OIT, 436 millions d’entreprises (dont 389 millions de travailleurs indépendants) opèrent dans des secteurs à haut risque (industrie manufacturière, services de restauration et d’hébergement, immobilier, commerce de gros et de détail). L’OIT estime une perte de 305 millions d’emplois dans le monde.3 La crise actuelle a accru le niveau d’incertitude sur le plan de l’économie et du travail. Les individus, femmes et hommes, entrepreneurs et travailleurs, voient leur vie, leur famille, leur travail et leurs entreprises en danger. Cette situation ne touche pas tout le monde de la même manière. Les femmes, les migrants, les personnes déplacées de force, les
populations autochtones, les personnes en situation de handicap, les communautés marginalisées, les jeunes, les travailleurs de l’économie informelle et ceux sous contrat de travail précaire, font par exemple partie des groupes qui seront les plus touchés par les conséquences des mesures de confinement telles que la fermeture d’entreprises et d’activités non essentielles.
Environ 1,6 milliard de travailleurs de l’économie informelle sont gravement affectés par les mesures de confinement et/ou par le fait qu’ils travaillent dans les secteurs les plus touchés. Selon les estimations, le premier mois de la crise a entrainé une diminution de 60 % des revenus des travailleurs informels dans le monde. Cette baisse devrait atteindre 81 % en Afrique et en Amérique latine.4
Cette crise économique a de nombreux effets secondaires, dont l’un des plus importants est l’impact sur le droit à l’alimentation et à la nutrition. Les travailleurs informels payés au jour le jour, désormais confinés chez eux, n’ont plus les moyens d’acheter de la nourriture pour eux-mêmes et leur famille. Cela ne concerne pas seulement les pays moins développés puisque les faits montrent que même les personnes des classes moyennes et inférieures des pays développés ont eu recours aux banques alimentaires pour disposer de denrées alimentaires de première nécessité.
Alors même que l’humanité tout entière est confrontée à la COVID-19, il devient de plus en plus évident que les inégalités de divers types préexistantes en différencient l’impact. Simultanément, les inégalités au sein et entre les pays risquent également de s’accroître en raison de la crise. Il est prouvé que les problèmes de santé préexistants – qui accroissent le risque de contracter le virus – se rencontrent plus fréquemment dans les groupes défavorisés, qui peuvent également avoir moins de chances d’accéder à des soins de santé de qualité, ou une plus grande probabilité de vivre et de travailler dans des conditions qui augmentent le risque d’infection.5
En outre, les effets néfastes sur la santé humaine et planétaire proviendront de nombreuses sources pendant que le monde est touché par la COVID-19 : d’une augmentation des déchets dangereux, tels que les équipements de protection individuelle, les composants électroniques et les produits pharmaceutiques ; des masses d’eaux usées et d’une utilisation énorme de détergents, de désinfectants et de solutions antimicrobiennes.